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Synthèse

LEPL1109Synthèse

Cette synthèse est organisée en sept grandes branches stables. Les CM, TP, annexes et exercices viennent progressivement enrichir ces chapitres au lieu de créer une nouvelle structure à chaque séance.

ChapitreGrande brancheContenu qui y sera regroupé
1Fondements probabilistesvariables aléatoires, pmf/pdf/cdf, espérance, variance, quantiles, transformations, LLN
2Modèles probabilistes et distributionslois usuelles, paramètres, support, mgf, standardisation, relations entre lois
3Dépendance et variables multivariéeslois jointes, marginales, conditionnelles, indépendance, covariance, corrélation, normale multivariée
4Statistiques descriptives et échantillonnagepopulation/échantillon, statistiques empiriques, TCL, distributions d’échantillonnage, propriétés de Xˉ\bar X et S2S^2
5Estimation et incertitudeestimateurs, moments, maximum de vraisemblance, biais, variance, MSE, simulation, bootstrap, intervalles de confiance
6Tests d’hypothèsesune/deux populations, moyennes, variances, p-values, erreurs de type I/II
7Régression et modèles statistiquesrégression linéaire, inférence/prédiction, ANOVA, séries temporelles, introduction au GPR

Fil conducteur du cours

Toujours relier

question reˊelle→donneˊes→modeˋle probabiliste→meˊthode statistique→calcul→interpreˊtation.\text{question réelle} \rightarrow \text{données} \rightarrow \text{modèle probabiliste} \rightarrow \text{méthode statistique} \rightarrow \text{calcul} \rightarrow \text{interprétation}.

Source principale : slides Statistics 2026–2027, bloc “Back to probabilities”. Cette branche fixe le langage probabiliste réutilisé dans toute la suite du cours.

Pour une expérience aléatoire, Ω\Omega désigne l’ensemble des résultats possibles ω\omega. À chaque événement A⊆ΩA\subseteq\Omega est associée une probabilité P(A)∈[0,1]P(A)\in[0,1], avec P(Ω)=1P(\Omega)=1.

Variable aléatoire et réalisation

Une variable aléatoire est une fonction

X:Ω→R.X:\Omega\to\mathbb R.

On note la variable par une majuscule XX et une réalisation observée par une minuscule xx :

X(ω)=x.X(\omega)=x.

Le support (ou range) de XX, noté ici SX\mathcal S_X, est l’ensemble des valeurs que XX peut prendre.

Variable discrèteVariable continue
Supportfini ou dénombrableintervalle de R\mathbb R ou R\mathbb R
Objet probabilistepmf p(x)p(x)pdf f(x)f(x)
Probabilité en un pointP(X=x)=p(x)P(X=x)=p(x)P(X=x)=0P(X=x)=0
Probabilité sur un intervallesomme des massesaire sous la densité
Espérancesomme sur le supportintégrale sur le support

Convention de notation

Lorsqu’une seule variable aléatoire XX est étudiée, on utilise les notations légères du cours :

p(x)pour la pmf,f(x)pour la pdf,F(x)pour la cdf.p(x)\quad\text{pour la pmf},\qquad f(x)\quad\text{pour la pdf},\qquad F(x)\quad\text{pour la cdf}.

Les indices XX, YY, (X,Y)(X,Y) sont réservés aux situations où plusieurs variables interviennent et où ils évitent une ambiguïté.

Pour une variable aléatoire discrète,

p(x)=P(X=x),x∈SX.p(x)=P(X=x),\qquad x\in\mathcal S_X.

La pmf vérifie

p(x)≥0,∑x∈SXp(x)=1.p(x)\ge0, \qquad \sum_{x\in\mathcal S_X}p(x)=1.

Pour a<ba<b,

P(a<X<b)=∑x∈SXa<x<bp(x).P(a<X<b) = \sum_{\substack{x\in\mathcal S_X\\a<x<b}}p(x).

Les bornes comptent dans le cas discret. Par exemple,

P(a≤X≤b)=∑x∈SXa≤x≤bp(x).P(a\le X\le b) = \sum_{\substack{x\in\mathcal S_X\\a\le x\le b}}p(x).

Réflexe — variable discrète

On additionne des probabilités ponctuelles. Si l’on demande P(X≥k)P(X\ge k), on somme les valeurs admissibles x≥kx\ge k ou on utilise le complément via la cdf.

Cas continu — probability density function (pdf)

Section intitulée « Cas continu — probability density function (pdf) »

Pour une variable aléatoire continue, la densité ff vérifie

f(x)≥0f(x)\ge0

et

∫SXf(x) dx=1.\int_{\mathcal S_X}f(x)\,dx=1.

Pour a<ba<b,

P(a<X<b)=∫abf(x) dx.P(a<X<b)=\int_a^b f(x)\,dx.

Comme P(X=a)=P(X=b)=0P(X=a)=P(X=b)=0 pour une variable continue,

P(a<X<b)=P(a≤X<b)=P(a<X≤b)=P(a≤X≤b).P(a<X<b) = P(a\le X<b) = P(a<X\le b) = P(a\le X\le b).

Piège — densité ≠ probabilité ponctuelle

Pour une variable continue,

f(x)≠P(X=x)f(x)\neq P(X=x)

et

P(X=x)=0.P(X=x)=0.

La valeur f(x)f(x) est une densité. Une probabilité correspond à une aire sous la courbe.

Réflexe — variable continue

On intègre la densité sur l’intervalle demandé. Par exemple,

P(X≥a)=∫a+∞f(x) dx=1−F(a)P(X\ge a)=\int_a^{+\infty}f(x)\,dx =1-F(a)

pour une variable continue.

Fonction de répartition — cumulative distribution function (cdf)

Section intitulée « Fonction de répartition — cumulative distribution function (cdf) »

La cdf est définie pour une variable discrète ou continue par

F(x)=P(X≤x).F(x)=P(X\le x).

Pour une variable discrète,

F(x)=∑t∈SXt≤xp(t).F(x)=\sum_{\substack{t\in\mathcal S_X\\t\le x}}p(t).

Pour une variable continue de densité ff,

F(x)=∫−∞xf(u) du.F(x)=\int_{-\infty}^{x}f(u)\,du.

Lorsque FF est dérivable,

f(x)=F′(x).f(x)=F'(x).

Une identité utile, valable en général, est

P(a<X≤b)=F(b)−F(a).P(a<X\le b)=F(b)-F(a).

Dans le cas continu, les probabilités aux bornes valent zéro, donc on peut aussi écrire simplement

P(a<X<b)=F(b)−F(a).P(a<X<b)=F(b)-F(a).

PMF, PDF et CDF en une ligne

  • discrète : p(x)p(x) donne directement P(X=x)P(X=x) ;
  • continue : f(x)f(x) est une densité, une probabilité est une intégrale ;
  • cdf : F(x)=P(X≤x)F(x)=P(X\le x) cumule la probabilité jusqu’à xx.

Définition — quantile

Pour p∈[0,1]p\in[0,1], le quantile d’ordre pp, noté qpq_p, est défini dans le cours par

P(X≤qp)=p.P(X\le q_p)=p.

Si XX est continue et que sa cdf FF est inversible,

qp=F−1(p).q_p=F^{-1}(p).

L’interprétation est directe :

P(X≤qp)=p,P(X>qp)=1−p.P(X\le q_p)=p, \qquad P(X>q_p)=1-p.

Par exemple,

  • q0.05q_{0.05} laisse 5 % de probabilité à gauche et 95 % à droite ;
  • q0.50q_{0.50} est la médiane ;
  • q0.25q_{0.25} et q0.75q_{0.75} sont les premier et troisième quartiles.

Pour une variable continue dont le support commence en aa, trouver qpq_p revient à résoudre

p=F(qp)=∫aqpf(x) dx.p = F(q_p) = \int_a^{q_p}f(x)\,dx.

Méthode — trouver un quantile

  1. identifier la probabilité cumulée demandée pp ;
  2. écrire F(qp)=pF(q_p)=p ;
  3. résoudre pour qpq_p ou lire le quantile dans une table ;
  4. si la variable n’est pas standardisée, revenir à son échelle d’origine.

Si

X∼N(μ,σ2)X\sim N(\mu,\sigma^2)

et si zpz_p désigne le quantile d’ordre pp de Z∼N(0,1)Z\sim N(0,1), alors

qp=μ+σzp.q_p=\mu+\sigma z_p.

En effet,

P(X≤qp)=p  ⟺  P ⁣(Z≤qp−μσ)=p.P(X\le q_p)=p \iff P\!\left(Z\le\frac{q_p-\mu}{\sigma}\right)=p.

Pour la normale standard,

z0.025=−1.96,z0.975=1.96.z_{0.025}=-1.96, \qquad z_{0.975}=1.96.

Ainsi, pour X∼N(10,32)X\sim N(10,3^2),

q0.025=10+3(−1.96)=4.12,q_{0.025}=10+3(-1.96)=4.12, q0.975=10+3(1.96)=15.88.q_{0.975}=10+3(1.96)=15.88.

Attention à la notation des tables

Les slides définissent aussi zαz_\alpha par une probabilité en queue droite :

P(Z≥zα)=α.P(Z\ge z_\alpha)=\alpha.

Ce zαz_\alpha est donc le quantile d’ordre 1−α1-\alpha :

zα=q1−α.z_\alpha=q_{1-\alpha}.

Ne pas confondre cette notation avec zpz_p défini directement par P(Z≤zp)=pP(Z\le z_p)=p.

Pour une normale, SciPy permet de récupérer directement un quantile avec

from scipy.stats import norm
norm.ppf(p, loc=mu, scale=sigma)

L’espérance E(X)=μXE(X)=\mu_X représente la valeur moyenne théorique obtenue sur un très grand nombre de répétitions.

Pour une variable discrète de support SX\mathcal S_X,

E(X)=∑x∈SXx p(x).E(X)=\sum_{x\in\mathcal S_X}x\,p(x).

Plus généralement,

E(h(X))=∑x∈SXh(x) p(x).E(h(X))=\sum_{x\in\mathcal S_X}h(x)\,p(x).

Pour une variable continue de support SX\mathcal S_X et de densité ff,

E(X)=∫SXx f(x) dx.E(X)=\int_{\mathcal S_X}x\,f(x)\,dx.

Si le support est un intervalle [a,b][a,b],

E(X)=∫abx f(x) dx.E(X)=\int_a^b x\,f(x)\,dx.

Si le support est tout R\mathbb R,

E(X)=∫−∞+∞x f(x) dx.E(X)=\int_{-\infty}^{+\infty}x\,f(x)\,dx.

Plus généralement,

E(h(X))=∫SXh(x) f(x) dx.E(h(X))=\int_{\mathcal S_X}h(x)\,f(x)\,dx.

Le moment d’ordre kk est E(Xk)E(X^k).

Pièges sur l’espérance

En général,

E(h(X))≠h(E(X))E(h(X))\neq h(E(X))

et

E(XY)≠E(X)E(Y).E(XY)\neq E(X)E(Y).

La seconde égalité est vraie notamment lorsque XX et YY sont indépendantes.

Propriétés de linéarité :

E(X+Y)=E(X)+E(Y),E(X+Y)=E(X)+E(Y), E(aX+b)=aE(X)+b.E(aX+b)=aE(X)+b.

Aucune hypothèse d’indépendance n’est nécessaire pour ces deux relations.

Mini-exemple — dé équilibré

Si XX est le résultat d’un dé équilibré,

p(x)=16,x∈{1,2,3,4,5,6}.p(x)=\frac16,\qquad x\in\{1,2,3,4,5,6\}.

Alors

E(X)=1+2+3+4+5+66=3.5.E(X)=\frac{1+2+3+4+5+6}{6}=3.5.

3.53.5 n’est pas une face possible : l’espérance est une moyenne théorique, pas nécessairement une valeur observable.

La variance mesure la dispersion autour de la moyenne :

Var⁡(X)=E[(X−E(X))2].\operatorname{Var}(X)=E\left[(X-E(X))^2\right].

La formule de calcul la plus utilisée est

Var⁡(X)=E(X2)−E(X)2.\operatorname{Var}(X)=E(X^2)-E(X)^2.

L’écart-type est

σX=Var⁡(X).\sigma_X=\sqrt{\operatorname{Var}(X)}.

Propriétés importantes :

Var⁡(a)=0,\operatorname{Var}(a)=0, Var⁡(a+bX)=b2Var⁡(X).\operatorname{Var}(a+bX)=b^2\operatorname{Var}(X).

Donc ajouter une constante déplace la distribution sans modifier sa dispersion, tandis que multiplier par bb multiplie la variance par b2b^2.

Pour deux variables quelconques,

Var⁡(aX+bY+c)=a2Var⁡(X)+b2Var⁡(Y)+2abCov⁡(X,Y).\operatorname{Var}(aX+bY+c) =a^2\operatorname{Var}(X)+b^2\operatorname{Var}(Y)+2ab\operatorname{Cov}(X,Y).

Les slides Statistics 2026–2027 donnent explicitement, pour une transformation affine

Y=a+bX,b≠0,Y=a+bX,\qquad b\neq0,

la densité

fY(y)=1∣b∣ fX ⁣(y−ab)\boxed{ f_Y(y)=\frac1{|b|}\, f_X\!\left(\frac{y-a}{b}\right) }

avec le support obtenu en transformant le support de XX par y=a+bxy=a+bx.

Réflexe — transformation affine

Pour Y=a+bXY=a+bX :

  1. transformer le support de XX pour obtenir celui de YY ;
  2. utiliser directement
fY(y)=1∣b∣fX ⁣(y−ab);f_Y(y)=\frac1{|b|}f_X\!\left(\frac{y-a}{b}\right);
  1. pour les moments, utiliser
E(Y)=a+bE(X),Var⁡(Y)=b2Var⁡(X).E(Y)=a+bE(X), \qquad \operatorname{Var}(Y)=b^2\operatorname{Var}(X).

Pour des variables X1,…,XnX_1,\ldots,X_n de même espérance μ\mu et variance finie, le cours rappelle que la moyenne empirique

Xˉn=1n∑i=1nXi\bar X_n=\frac1n\sum_{i=1}^n X_i

se rapproche de μ\mu lorsque nn augmente :

Xˉn→Pμ.\bar X_n\xrightarrow{P}\mu.

C’est le lien entre la quantité théorique E(X)=μE(X)=\mu et la moyenne calculée sur de nombreuses observations.

Réflexe — une variable aléatoire

Avant tout calcul :

  1. identifier si XX est discrète ou continue ;
  2. identifier son support SX\mathcal S_X ;
  3. choisir pmf p(x)p(x) ou pdf f(x)f(x) ;
  4. traduire la question en probabilité, espérance, variance ou quantile ;
  5. utiliser une somme pour le discret et une intégrale sur le support pour le continu.

Source actuelle — Appendix 1. Le fichier est daté 2023–2024 mais est fourni avec les supports de statistiques disponibles pour 2026–2027. Il présente les distributions de probabilité supposées maîtrisées avant l’inférence statistique.

Cette branche sert de boîte à outils probabiliste : reconnaître une situation, identifier la loi, connaître son support, ses paramètres, son espérance et sa variance, puis utiliser ses propriétés pour construire d’autres variables aléatoires.

Réflexe de modélisation

Pour chaque variable aléatoire, identifier dans cet ordre :

  1. discrète ou continue ;
  2. support des valeurs possibles ;
  3. situation réelle modélisée ;
  4. distribution et paramètres ;
  5. E(X)E(X) et Var⁡(X)\operatorname{Var}(X) ;
  6. propriétés utiles pour une somme, une transformation ou un calcul de probabilité.
DistributionSituation typiqueSupportEspéranceVariance
Uniforme discrètenn issues équiprobables{x1,…,xn}\{x_1,\ldots,x_n\}1n∑ixi\frac1n\sum_i x_i1n∑ixi2−μ2\frac1n\sum_i x_i^2-\mu^2
Bernoulli Be(p)Be(p)un essai succès/échec{0,1}\{0,1\}ppp(1−p)p(1-p)
Binomiale Bi(n,p)Bi(n,p)nombre de succès en nn essais indépendants{0,…,n}\{0,\ldots,n\}npnpnp(1−p)np(1-p)
Géométrique Ge(p)Ge(p)nombre d’essais jusqu’au premier succès{1,2,…}\{1,2,\ldots\}1/p1/p(1−p)/p2(1-p)/p^2
Poisson Po(λ)Po(\lambda)nombre d’événements dans une unité de temps/espaceN\mathbb Nλ\lambdaλ\lambda
DistributionSituation typiqueSupportEspéranceVariance
Uniforme U(a,b)U(a,b)valeurs uniformément réparties sur un intervalle[a,b][a,b](a+b)/2(a+b)/2(b−a)2/12(b-a)^2/12
Normale N(μ,σ2)N(\mu,\sigma^2)quantité symétrique autour d’une valeur centraleR\mathbb Rμ\muσ2\sigma^2
Exponentielle Expo(β)Expo(\beta)durée / temps d’attente positifR+\mathbb R_+β\betaβ2\beta^2
Gamma Gamma(α,β)Gamma(\alpha,\beta)quantité positive, notamment somme d’exponentiellesR+\mathbb R_+αβ\alpha\betaαβ2\alpha\beta^2
Khi-deux χn2\chi_n^2somme de carrés de normales standardsR+\mathbb R_+nn2n2n
Student TnT_nrapport impliquant une normale et un χ2\chi^2R\mathbb R——
Fisher Fn1,n2F_{n_1,n_2}rapport de deux χ2\chi^2 normalisésR+\mathbb R_+——

Si XX prend les valeurs {x1,…,xn}\{x_1,\ldots,x_n\} avec la même probabilité,

p(xi)=1n.p(x_i)=\frac1n.

Alors

E(X)=1n∑i=1nxi,Var⁡(X)=1n∑i=1nxi2−E(X)2.E(X)=\frac1n\sum_{i=1}^n x_i, \qquad \operatorname{Var}(X)=\frac1n\sum_{i=1}^n x_i^2-E(X)^2.

Cette loi modélise une expérience avec un nombre fini d’issues équiprobables.

Une variable X∼Be(p)X\sim Be(p) modélise un seul essai à deux issues :

X={1avec probabiliteˊ p,0avec probabiliteˊ 1−p.X= \begin{cases} 1 & \text{avec probabilité }p,\\ 0 & \text{avec probabilité }1-p. \end{cases}

Sa pmf est

p(x)=px(1−p)1−x,x∈{0,1}.p(x)=p^x(1-p)^{1-x}, \qquad x\in\{0,1\}.

et

E(X)=p,Var⁡(X)=p(1−p).E(X)=p, \qquad \operatorname{Var}(X)=p(1-p).

Une variable X∼Bi(n,p)X\sim Bi(n,p) compte le nombre total de succès dans nn essais de Bernoulli lorsque :

  • la probabilité de succès pp reste constante ;
  • les essais sont mutuellement indépendants.

En posant q=1−pq=1-p,

p(x)=(nx)pxqn−x,x=0,1,…,n.p(x)=\binom nx p^x q^{n-x}, \qquad x=0,1,\ldots,n.

La moment generating function (mgf) est

mX(t)=(pet+q)n,m_X(t)=(pe^t+q)^n,

et

E(X)=np,Var⁡(X)=npq=np(1−p).E(X)=np, \qquad \operatorname{Var}(X)=npq=np(1-p).

Relations binomiales

Si X1,…,XnX_1,\ldots,X_n sont des Bernoulli indépendantes de même paramètre pp,

X1+⋯+Xn∼Bi(n,p).X_1+\cdots+X_n\sim Bi(n,p).

Et si X∼Bi(n,p)X\sim Bi(n,p) et Y∼Bi(m,p)Y\sim Bi(m,p) sont construits à partir d’essais indépendants de même probabilité de succès,

X+Y∼Bi(n+m,p).X+Y\sim Bi(n+m,p).

Une variable X∼Ge(p)X\sim Ge(p) compte le nombre d’essais nécessaires jusqu’au premier succès.

Avec q=1−pq=1-p,

p(x)=qx−1p,x=1,2,…p(x)=q^{x-1}p, \qquad x=1,2,\ldots

Sa mgf est

mX(t)=pet1−qet,t<−ln⁡q,m_X(t)=\frac{pe^t}{1-qe^t}, \qquad t<-\ln q,

et

E(X)=1p,Var⁡(X)=qp2=1−pp2.E(X)=\frac1p, \qquad \operatorname{Var}(X)=\frac{q}{p^2}=\frac{1-p}{p^2}.

Une variable X∼Po(λ)X\sim Po(\lambda) compte un nombre d’événements dans une unité de temps ou d’espace.

p(x)=e−λλxx!,x∈N.p(x)=e^{-\lambda}\frac{\lambda^x}{x!}, \qquad x\in\mathbb N.

Sa mgf est

mX(t)=exp⁡ ⁣(λ(et−1)),m_X(t)=\exp\!\left(\lambda(e^t-1)\right),

et

E(X)=λ,Var⁡(X)=λ.E(X)=\lambda, \qquad \operatorname{Var}(X)=\lambda.

Approximation binomiale par Poisson

La loi de Poisson est une limite de la loi binomiale :

Bi(n,λn)→n→∞Po(λ).Bi\left(n,\frac{\lambda}{n}\right)\xrightarrow[n\to\infty]{}Po(\lambda).

L’Appendix propose comme règle pratique : si nn est grand (par exemple n>50n>50) et pp petit (par exemple p<0.1p<0.1),

Bi(n,p)≈Po(np).Bi(n,p)\approx Po(np).

Si X∼U(a,b)X\sim U(a,b),

f(x)={1b−ax∈[a,b],0sinon.f(x)= \begin{cases} \dfrac1{b-a} & x\in[a,b],\\ 0 & \text{sinon}. \end{cases}

Sa cdf est

F(x)={0x<a,x−ab−ax∈[a,b],1x>b.F(x)= \begin{cases} 0 & x<a,\\ \dfrac{x-a}{b-a} & x\in[a,b],\\ 1 & x>b. \end{cases}

L’Appendix utilise également

mX(t)=etb−etat(b−a).m_X(t)=\frac{e^{tb}-e^{ta}}{t(b-a)}.

Enfin,

E(X)=a+b2,Var⁡(X)=(b−a)212.E(X)=\frac{a+b}{2}, \qquad \operatorname{Var}(X)=\frac{(b-a)^2}{12}.

Une variable X∼N(μ,σ2)X\sim N(\mu,\sigma^2) possède la densité

f(x)=1σ2πexp⁡ ⁣[−12(x−μσ)2],x∈R.f(x)=\frac1{\sigma\sqrt{2\pi}} \exp\!\left[-\frac12\left(\frac{x-\mu}{\sigma}\right)^2\right], \qquad x\in\mathbb R.

avec

E(X)=μ,Var⁡(X)=σ2,E(X)=\mu, \qquad \operatorname{Var}(X)=\sigma^2,

et

mX(t)=exp⁡ ⁣(μt+12t2σ2).m_X(t)=\exp\!\left(\mu t+\frac12t^2\sigma^2\right).

La densité est en cloche, symétrique autour de μ\mu. Le paramètre μ\mu déplace le centre ; un σ\sigma plus grand produit une distribution plus étalée.

La normale standard est

Z∼N(0,1).Z\sim N(0,1).

Les slides notent zαz_\alpha la valeur telle que

P(Z≥zα)=α.P(Z\ge z_\alpha)=\alpha.

Ainsi,

zα=q1−α.z_\alpha=q_{1-\alpha}.

Par symétrie,

P(Z≤z)=1−P(Z≥z),P(Z\le z)=1-P(Z\ge z), P(Z≥−z)=P(Z≤z),P(Z\ge -z)=P(Z\le z), P(Z≤−z)=P(Z≥z).P(Z\le -z)=P(Z\ge z).

Méthode — Standardiser une normale

Si

X∼N(μ,σ2),X\sim N(\mu,\sigma^2),

alors

Z=X−μσ∼N(0,1).Z=\frac{X-\mu}{\sigma}\sim N(0,1).

Pour calculer une probabilité avec les tables,

P(X≤x)=P ⁣(Z≤x−μσ).P(X\le x) =P\!\left(Z\le\frac{x-\mu}{\sigma}\right).

Toute transformation affine d’une normale reste normale :

X∼N(μ,σ2)⟹a+bX∼N(a+bμ,b2σ2).X\sim N(\mu,\sigma^2) \quad\Longrightarrow\quad a+bX\sim N(a+b\mu,b^2\sigma^2).

Une variable X∼Expo(β)X\sim Expo(\beta) est définie sur R+\mathbb R_+ par

f(x)=1βe−x/β 1{x≥0}.f(x)=\frac1\beta e^{-x/\beta}\,\mathbf{1}_{\{x\ge0\}}.

Elle est utilisée notamment pour modéliser des durées, temps inter-arrivées, temps de fonctionnement ou temps d’attente.

E(X)=β,Var⁡(X)=β2,E(X)=\beta, \qquad \operatorname{Var}(X)=\beta^2,

et

mX(t)=(1−βt)−1.m_X(t)=(1-\beta t)^{-1}.

Piège de paramétrisation

Dans l’Appendix, β\beta est un paramètre d’échelle :

f(x)=1βe−x/β,x≥0.f(x)=\frac1\beta e^{-x/\beta},\qquad x\ge0.

Il faut donc conserver cette convention lorsque l’on lit les exercices du cours.

Une variable X∼Gamma(α,β)X\sim Gamma(\alpha,\beta), avec α,β>0\alpha,\beta>0, a pour densité

f(x)=1Γ(α)xα−1βαe−x/β 1{x≥0}.f(x)= \frac1{\Gamma(\alpha)} \frac{x^{\alpha-1}}{\beta^\alpha} e^{-x/\beta}\,\mathbf{1}_{\{x\ge0\}}.

La fonction Gamma est

Γ(α)=∫0∞tα−1e−t dt,\Gamma(\alpha)=\int_0^{\infty} t^{\alpha-1}e^{-t}\,dt,

avec

Γ(α+1)=αΓ(α),\Gamma(\alpha+1)=\alpha\Gamma(\alpha),

et, pour n∈Nn\in\mathbb N,

Γ(n)=(n−1)!.\Gamma(n)=(n-1)!.

Pour X∼Gamma(α,β)X\sim Gamma(\alpha,\beta),

E(X)=αβ,Var⁡(X)=αβ2,E(X)=\alpha\beta, \qquad \operatorname{Var}(X)=\alpha\beta^2,

et

mX(t)=(1−βt)−α,t<1β.m_X(t)=(1-\beta t)^{-\alpha}, \qquad t<\frac1\beta.

Propriétés importantes :

Gamma(1,β)=Expo(β),Gamma(1,\beta)=Expo(\beta), X∼Gamma(α,β)⟹cX∼Gamma(α,cβ),c>0,X\sim Gamma(\alpha,\beta) \Longrightarrow cX\sim Gamma(\alpha,c\beta),\qquad c>0,

et si des variables indépendantes ont le même paramètre d’échelle β\beta,

Xi∼Gamma(αi,β)⟹∑iXi∼Gamma(∑iαi,β).X_i\sim Gamma(\alpha_i,\beta) \quad\Longrightarrow\quad \sum_i X_i\sim Gamma\left(\sum_i\alpha_i,\beta\right).

Lorsque α=n∈N\alpha=n\in\mathbb N, une Gamma (n,β)(n,\beta) peut être vue comme la somme de nn exponentielles Expo(β)Expo(\beta) indépendantes.

Une variable X∼χn2X\sim\chi_n^2 est la somme des carrés de nn variables normales standards indépendantes :

X=Z12+⋯+Zn2,Zi∼indN(0,1).X=Z_1^2+\cdots+Z_n^2, \qquad Z_i\overset{ind}{\sim}N(0,1).

Sa densité est

f(x)=12n/2Γ(n/2)xn/2−1e−x/2,x>0.f(x)= \frac{1}{2^{n/2}\Gamma(n/2)} x^{n/2-1}e^{-x/2}, \qquad x>0.

La loi du khi-deux est un cas particulier de la Gamma :

χn2≡Gamma(n2,2).\chi_n^2\equiv Gamma\left(\frac n2,2\right).

Donc

E(X)=n,Var⁡(X)=2n.E(X)=n, \qquad \operatorname{Var}(X)=2n.

L’Appendix souligne que cette relation avec les normales devient importante plus tard pour l’inférence statistique et les tests d’hypothèses.

Soient deux variables indépendantes

Z∼N(0,1),Y∼χn2.Z\sim N(0,1), \qquad Y\sim\chi_n^2.

Alors

Tn=ZY/nT_n=\frac{Z}{\sqrt{Y/n}}

suit une loi de Student à nn degrés de liberté.

Sa densité est

fTn(t)=Γ(n+12)nπ Γ(n2)(1+t2n)−(n+1)/2,t∈R.f_{T_n}(t)= \frac{\Gamma\left(\frac{n+1}{2}\right)} {\sqrt{n\pi}\,\Gamma\left(\frac n2\right)} \left(1+\frac{t^2}{n}\right)^{-(n+1)/2}, \qquad t\in\mathbb R.

Propriétés indiquées dans l’Appendix :

  • TnT_n est symétrique autour de 00 ;
  • lorsque nn augmente, Tn→N(0,1)T_n\to N(0,1) ;
  • T1T_1 est une loi de Cauchy ;
  • la loi de Student sera utilisée pour la validation de variables explicatives en régression.

Soient deux variables indépendantes

X∼χn12,Y∼χn22.X\sim\chi_{n_1}^2, \qquad Y\sim\chi_{n_2}^2.

Alors

Fn1,n2=X/n1Y/n2F_{n_1,n_2}=\frac{X/n_1}{Y/n_2}

suit une loi de Fisher–Snedecor à (n1,n2)(n_1,n_2) degrés de liberté.

La propriété de réciprocité à retenir est

F∼F(n1,n2)⟹1F∼F(n2,n1).F\sim F(n_1,n_2) \quad\Longrightarrow\quad \frac1F\sim F(n_2,n_1).

L’Appendix relie cette loi à la comparaison de variances entre deux échantillons.

Carte des relations à connaître

Bernoulli indeˊpendantes→sommeBinomiale\text{Bernoulli indépendantes} \xrightarrow{\text{somme}} \text{Binomiale} Bi(n,p)→n grand, p petitPo(np)Bi(n,p) \xrightarrow[n\text{ grand},\,p\text{ petit}]{} Po(np) Exponentielles indeˊpendantes→sommeGamma\text{Exponentielles indépendantes} \xrightarrow{\text{somme}} Gamma χn2=Gamma(n2,2)\chi_n^2=Gamma\left(\frac n2,2\right) Tn=N(0,1)χn2/nT_n=\frac{N(0,1)}{\sqrt{\chi_n^2/n}} Fn1,n2=χn12/n1χn22/n2.F_{n_1,n_2} = \frac{\chi_{n_1}^2/n_1}{\chi_{n_2}^2/n_2}.
from scipy.stats import binom, norm, expon, gamma
# Binomiale : P(X = k)
binom.pmf(k, n, p)
# Normale
norm.pdf(x, loc=mu, scale=sigma)
norm.cdf(x, loc=mu, scale=sigma)
norm.ppf(p, loc=mu, scale=sigma)
# Exponentielle, paramétrée par beta comme échelle
expon.pdf(x, scale=beta)
expon.cdf(x, scale=beta)
# Gamma, beta est le paramètre d'échelle
gamma.pdf(x, a=alpha, scale=beta)
gamma.cdf(x, a=alpha, scale=beta)

La diapositive de l’Appendix affiche a=μ dans l’appel à norm.cdf; la convention SciPy utilisée ici est loc=μ, cohérente avec l’appel norm.pdf de la même diapositive.

Checklist distributions

  • reconnaître Bernoulli, Binomiale, Géométrique, Poisson, Uniforme, Normale, Exponentielle et Gamma à partir d’une situation ;
  • connaître leur support, espérance et variance ;
  • savoir standardiser X∼N(μ,σ2)X\sim N(\mu,\sigma^2) avec (X−μ)/σ(X-\mu)/\sigma ;
  • comprendre la convention de quantile P(Z≥zα)=αP(Z\ge z_\alpha)=\alpha utilisée dans le cours ;
  • connaître les liens Gamma–Exponentielle et Gamma–χ2\chi^2 ;
  • reconnaître les constructions de Student et Fisher.

Sources : slides 2026–2027 sur l’indépendance, la dépendance linéaire et les variables multivariées, complétés par l’Appendix 1 pour la normale multivariée.

Lorsque plusieurs variables sont observées ensemble, leur distribution jointe décrit leurs valeurs simultanées.

Pour deux variables discrètes,

pX,Y(x,y)=P(X=x,Y=y).p_{X,Y}(x,y)=P(X=x,Y=y).

Les marginales s’obtiennent en sommant sur l’autre variable :

pX(x)=∑ypX,Y(x,y),pY(y)=∑xpX,Y(x,y).p_X(x)=\sum_y p_{X,Y}(x,y), \qquad p_Y(y)=\sum_x p_{X,Y}(x,y).

Pour deux variables continues, la densité jointe est fX,Y(x,y)f_{X,Y}(x,y) et

fX(x)=∫−∞+∞fX,Y(x,y) dy,f_X(x)=\int_{-\infty}^{+\infty} f_{X,Y}(x,y)\,dy, fY(y)=∫−∞+∞fX,Y(x,y) dx.f_Y(y)=\int_{-\infty}^{+\infty} f_{X,Y}(x,y)\,dx.

Le moment croisé se calcule par

E(XY)=∑x∑yxy pX,Y(x,y)E(XY)=\sum_x\sum_y xy\,p_{X,Y}(x,y)

ou, dans le cas continu,

E(XY)=∫ ⁣ ⁣∫xy fX,Y(x,y) dx dy.E(XY)=\int\!\!\int xy\,f_{X,Y}(x,y)\,dx\,dy.

Pour des variables discrètes,

P(X=x∣Y=y)=P(X=x,Y=y)P(Y=y).P(X=x\mid Y=y) =\frac{P(X=x,Y=y)}{P(Y=y)}.

Pour des variables continues,

fX∣Y(x∣y)=fX,Y(x,y)fY(y).f_{X\mid Y}(x\mid y) =\frac{f_{X,Y}(x,y)}{f_Y(y)}.

La même logique permet de calculer une espérance conditionnelle :

E(X∣Y=y)=∑xx P(X=x∣Y=y)E(X\mid Y=y) =\sum_x x\,P(X=x\mid Y=y)

pour le cas discret, avec l’analogue intégral dans le cas continu.

Réflexe — joint → marginal → conditionnel

À partir d’une table ou d’une densité jointe :

  1. obtenir les marginales ;
  2. vérifier l’indépendance si nécessaire ;
  3. seulement ensuite construire une distribution conditionnelle.

Deux variables XX et YY sont indépendantes si la connaissance de l’une n’apporte pas d’information sur l’autre.

Pour toutes valeurs admissibles :

pX,Y(x,y)=pX(x)pY(y)p_{X,Y}(x,y)=p_X(x)p_Y(y)

ou, dans le cas continu,

fX,Y(x,y)=fX(x)fY(y).f_{X,Y}(x,y)=f_X(x)f_Y(y).

Si XX et YY sont indépendantes,

E(XY)=E(X)E(Y).E(XY)=E(X)E(Y).

La covariance mesure la dépendance linéaire entre deux variables :

Cov⁡(X,Y)=E[(X−E(X))(Y−E(Y))].\operatorname{Cov}(X,Y) =E\left[(X-E(X))(Y-E(Y))\right].

La forme de calcul usuelle est

Cov⁡(X,Y)=E(XY)−E(X)E(Y).\operatorname{Cov}(X,Y) =E(XY)-E(X)E(Y).

Propriétés :

Cov⁡(X,Y)=Cov⁡(Y,X),\operatorname{Cov}(X,Y)=\operatorname{Cov}(Y,X), Cov⁡(X,X)=Var⁡(X),\operatorname{Cov}(X,X)=\operatorname{Var}(X), Cov⁡(aX+bY,Z)=aCov⁡(X,Z)+bCov⁡(Y,Z).\operatorname{Cov}(aX+bY,Z) =a\operatorname{Cov}(X,Z)+b\operatorname{Cov}(Y,Z).

Si X⊥YX\perp Y, alors

Cov⁡(X,Y)=0.\operatorname{Cov}(X,Y)=0.

Piège majeur — covariance nulle ≠ indépendance

Toujours :

X⊥Y⟹Cov⁡(X,Y)=0.X\perp Y \Longrightarrow \operatorname{Cov}(X,Y)=0.

Mais en général,

Cov⁡(X,Y)=0⇏X⊥Y.\operatorname{Cov}(X,Y)=0 \not\Rightarrow X\perp Y.

Une dépendance non linéaire peut exister sans covariance. Un exemple classique est une relation du type Y=X2Y=X^2 pour une distribution symétrique de XX autour de 00.

Le coefficient de corrélation normalise la covariance :

ρX,Y=Cov⁡(X,Y)σXσY.\rho_{X,Y} =\frac{\operatorname{Cov}(X,Y)}{\sigma_X\sigma_Y}.

Il est sans unité et vérifie

−1≤ρX,Y≤1.-1\le\rho_{X,Y}\le1.
  • ρ\rho proche de 11 : forte relation linéaire positive ;
  • ρ\rho proche de −1-1 : forte relation linéaire négative ;
  • ρ\rho proche de 00 : faible ou absence de relation linéaire, sans conclure automatiquement à l’indépendance.

Si

Y=a+bXY=a+bX

avec une relation affine exacte, alors ρ=1\rho=1 si b>0b>0 et ρ=−1\rho=-1 si b<0b<0.

Si (X1,X2)(X_1,X_2) suit une loi normale bivariée, l’Appendix utilise les paramètres

μ1,μ2,σ1,σ2,ρ∈[−1,1].\mu_1,\mu_2,\sigma_1,\sigma_2, \qquad \rho\in[-1,1].

La densité s’écrit

f(x1,x2)=12πσ1σ21−ρ2exp⁡ ⁣[−Q(x1,x2)2(1−ρ2)],f(x_1,x_2)= \frac{1}{2\pi\sigma_1\sigma_2\sqrt{1-\rho^2}} \exp\!\left[-\frac{Q(x_1,x_2)}{2(1-\rho^2)}\right],

avec

Q(x1,x2)=(x1−μ1σ1)2+(x2−μ2σ2)2−2ρ(x1−μ1σ1)(x2−μ2σ2).Q(x_1,x_2)= \left(\frac{x_1-\mu_1}{\sigma_1}\right)^2 + \left(\frac{x_2-\mu_2}{\sigma_2}\right)^2 -2\rho \left(\frac{x_1-\mu_1}{\sigma_1}\right) \left(\frac{x_2-\mu_2}{\sigma_2}\right).

Les marginales sont

X1∼N(μ1,σ12),X2∼N(μ2,σ22),X_1\sim N(\mu_1,\sigma_1^2), \qquad X_2\sim N(\mu_2,\sigma_2^2),

et la corrélation vaut ρ\rho.

Cas spécial de la normale bivariée

Si (X1,X2)(X_1,X_2) est conjointement normal,

X1⊥X2  ⟺  ρ=0.X_1\perp X_2\iff\rho=0.

C’est le cas important où une covariance nulle implique bien l’indépendance.

De plus, toute combinaison linéaire

Z=aX1+bX2Z=aX_1+bX_2

est normale avec

E(Z)=aμ1+bμ2,E(Z)=a\mu_1+b\mu_2, Var⁡(Z)=a2σ12+b2σ22+2abρσ1σ2.\operatorname{Var}(Z)=a^2\sigma_1^2+b^2\sigma_2^2+2ab\rho\sigma_1\sigma_2.

On note

X=(X1,…,Xd)⊤∼Nd(μ,Σ),X=(X_1,\ldots,X_d)^\top\sim N_d(\mu,\Sigma),

où

μ=(μ1,…,μd)⊤\mu=(\mu_1,\ldots,\mu_d)^\top

est le vecteur des moyennes et Σ\Sigma la matrice de covariance.

Dans le cas multivarié normal,

Σ diagonale  ⟺  X1,…,Xd indeˊpendantes.\Sigma\text{ diagonale} \iff X_1,\ldots,X_d\text{ indépendantes}.

Pour une transformation affine

Y=a+BX,Y=a+BX,

la variable YY reste multivariée normale avec

μY=a+Bμ,\mu_Y=a+B\mu,

ΣY=BΣB⊤.\Sigma_Y=B\Sigma B^\top.

Réflexe — combinaison linéaire d’une normale multivariée

Si

X∼Nd(μ,Σ)X\sim N_d(\mu,\Sigma)

et si une variable scalaire est définie par

Y=a⊤X+b,Y=a^\top X+b,

alors

Y∼N ⁣(a⊤μ+b,  a⊤Σa)\boxed{ Y\sim N\!\left(a^\top\mu+b,\;a^\top\Sigma a\right) }

donc

E(Y)=a⊤μ+b,Var⁡(Y)=a⊤Σa.E(Y)=a^\top\mu+b, \qquad \operatorname{Var}(Y)=a^\top\Sigma a.

Dans la matrice de covariance,

Σ=(Var⁡(X1)Cov⁡(X1,X2)Cov⁡(X1,X2)Var⁡(X2)),\Sigma= \begin{pmatrix} \operatorname{Var}(X_1) & \operatorname{Cov}(X_1,X_2)\\ \operatorname{Cov}(X_1,X_2) & \operatorname{Var}(X_2) \end{pmatrix},

les termes diagonaux sont les variances et les termes hors diagonale sont les covariances.

Pour Y=a1X1+a2X2+bY=a_1X_1+a_2X_2+b, la formule de variance peut aussi se lire sans matrices :

Var⁡(Y)=a12Var⁡(X1)+a22Var⁡(X2)+2a1a2Cov⁡(X1,X2).\operatorname{Var}(Y) = a_1^2\operatorname{Var}(X_1) + a_2^2\operatorname{Var}(X_2) + 2a_1a_2\operatorname{Cov}(X_1,X_2).

La constante bb modifie l’espérance mais pas la variance.

Source principale : slides Statistics 2026–2027, blocs “Descriptive statistics” et “Normal random variable and CLT”. Cette branche marque la transition entre un modèle probabiliste théorique et des données observées.

  • population : ensemble de toutes les observations, réponses, mesures ou comptages qui nous intéressent ;
  • sample (échantillon) : sous-ensemble observé de cette population ;
  • sample size (taille de l’échantillon) : nombre d’observations, noté nn.

Random sample vs observed sample

Avant observation, on manipule les variables aléatoires

X1,…,Xn.X_1,\ldots,X_n.

Après observation, on dispose des réalisations

x1,…,xn.x_1,\ldots,x_n.

Il faut donc distinguer la variable aléatoire de sa valeur observée.

La sample mean (moyenne empirique) de nn observations est

xˉ=1n∑i=1nxi.\bar x=\frac1n\sum_{i=1}^n x_i.

La sample median (médiane empirique) est le quantile empirique d’ordre 0.50.5 : 50 % des observations sont en dessous et 50 % au-dessus.

La moyenne décrit le centre de gravité des données. La médiane est souvent plus robuste aux valeurs extrêmes.

Théorique vs observé

Ne pas confondre :

ObjetNature
μ=E(X)\mu=E(X)caractéristique théorique de la population/modèle
Xˉ\bar Xstatistique aléatoire avant observation
xˉ\bar xvaleur réellement calculée sur les données observées

Cette distinction deviendra centrale lors de l’estimation.

Soient X1,…,XnX_1,\ldots,X_n des variables iid — independent and identically distributed (indépendantes et identiquement distribuées) telles que

E(Xi)=μ,Var⁡(Xi)=σ2<∞.E(X_i)=\mu, \qquad \operatorname{Var}(X_i)=\sigma^2<\infty.

Le théorème central limite affirme que

n(Xˉn−μ)σ→dN(0,1).\frac{\sqrt n(\bar X_n-\mu)}{\sigma} \xrightarrow{d} N(0,1).

Donc, pour nn suffisamment grand,

Xˉn≈N(μ,σ2n).\bar X_n\approx N\left(\mu,\frac{\sigma^2}{n}\right).

Pour la somme

Sn=∑i=1nXi,S_n=\sum_{i=1}^n X_i,

on obtient

Sn≈N(nμ,nσ2).S_n\approx N(n\mu,n\sigma^2).

Idée du TCL

Même si la loi des XiX_i n’est pas normale, la moyenne ou la somme d’un grand nombre de variables iid devient approximativement normale.

C’est ce qui permet de transformer de nombreux problèmes en calculs avec la normale standard.

Une variable

Y∼Bi(n,p)Y\sim Bi(n,p)

peut s’écrire comme la somme de nn Bernoulli indépendantes. Par le TCL,

Y≈N(np,np(1−p)).Y\approx N\left(np,np(1-p)\right).

On standardise alors avec

Z=Y−npnp(1−p).Z=\frac{Y-np}{\sqrt{np(1-p)}}.

Le critère pratique donné dans les slides pour que l’approximation soit raisonnable est

n>9max⁡(p,1−p)min⁡(p,1−p).n> 9\frac{\max(p,1-p)}{\min(p,1-p)}.

Méthode — utiliser le TCL

  1. identifier la variable ou la somme à approximer ;
  2. calculer sa moyenne et sa variance ;
  3. écrire l’approximation normale ;
  4. standardiser ;
  5. lire la probabilité dans les tables de la normale standard.

Pour une binomiale :

E(Y)=np,Var⁡(Y)=np(1−p).E(Y)=np, \qquad \operatorname{Var}(Y)=np(1-p).

Piège — le TCL n’est pas magique

Une approximation normale peut être mauvaise si l’échantillon est trop petit ou si pp est trop proche de 00 ou de 11. Il faut vérifier les conditions avant d’utiliser l’approximation.

Tableau de choix — distributions d’échantillonnage

Section intitulée « Tableau de choix — distributions d’échantillonnage »
Distribution of XXμ\muσ2\sigma^2Statistics
Xˉ\bar Xunknown and large nnokokXˉ−μσ2/n∼N(0,1)\dfrac{\bar X-\mu}{\sqrt{\sigma^2/n}}\sim\mathcal N(0,1)
S2S^2N(μ,σ2)\mathcal N(\mu,\sigma^2)-ok(n−1)S2σ2∼χn−12(n-1)\dfrac{S^2}{\sigma^2}\sim\chi^2_{n-1}
Xˉ\bar XN(μ,σ2)\mathcal N(\mu,\sigma^2)ok-Xˉ−μS2/n∼tn−1\dfrac{\bar X-\mu}{\sqrt{S^2/n}}\sim t_{n-1}

This table is the key to understand Hypothesis testing.

Sources principales : slides Statistics 2026–2027, bloc “Estimation: moments and likelihood”, complétés par le TP2. L’objectif est de passer d’un modèle probabiliste contenant un paramètre inconnu aux données observées, puis de construire une règle qui estime ce paramètre.

On suppose que

X1,…,XnX_1,\ldots,X_n

forment un échantillon aléatoire issu d’un modèle de loi

f(x∣θ),f(x\mid\theta),

où θ\theta est un paramètre inconnu du modèle.

À distinguer absolument

  • paramètre θ\theta : quantité fixe mais inconnue de la population ou du modèle ;
  • estimator (estimateur) θ^=h(X1,…,Xn)\hat\theta=h(X_1,\ldots,X_n) : fonction de l’échantillon aléatoire ; c’est donc lui-même une variable aléatoire ;
  • observed estimate (estimation observée) θ^obs=h(x1,…,xn)\hat\theta_{\mathrm{obs}}=h(x_1,\ldots,x_n) : nombre obtenu après avoir remplacé les variables aléatoires par les données effectivement observées.

Ainsi,

θest inconnu et fixe,\theta \quad\text{est inconnu et fixe,} θ^est aleˊatoire avant observation,\hat\theta \quad\text{est aléatoire avant observation,} θ^obsest une valeur calculeˊe sur les donneˊes.\hat\theta_{\mathrm{obs}} \quad\text{est une valeur calculée sur les données.}

L’objectif n’est donc pas de “trouver exactement” θ\theta, mais de construire un estimateur qui se comporte bien lorsque l’échantillon varie.

Qualité d’un estimateur : biais, variance et MSE

Section intitulée « Qualité d’un estimateur : biais, variance et MSE »

Le bias (biais) mesure le décalage moyen entre l’estimateur et le vrai paramètre :

B(θ^)=E(θ^)−θ.B(\hat\theta) = E(\hat\theta)-\theta.

Un estimateur est unbiased (non biaisé) si

E(θ^)=θ.E(\hat\theta)=\theta.

Sa variance

Var⁡(θ^)\operatorname{Var}(\hat\theta)

mesure à quel point sa valeur changerait d’un échantillon à l’autre.

La mean squared error — MSE (erreur quadratique moyenne) mesure l’erreur quadratique moyenne :

MSE⁡(θ^)=E ⁣[(θ^−θ)2].\operatorname{MSE}(\hat\theta) = E\!\left[(\hat\theta-\theta)^2\right].

Le cours utilise la décomposition

MSE⁡(θ^)=Var⁡(θ^)+B(θ^)2\boxed{ \operatorname{MSE}(\hat\theta) = \operatorname{Var}(\hat\theta) + B(\hat\theta)^2 }

Un faible biais ne suffit donc pas : deux estimateurs d’un même paramètre peuvent être comparés par leur biais et leur variance, ou directement par leur MSE.

La consistency (convergence) décrit ce qui se passe lorsque la taille de l’échantillon augmente. Un estimateur (\hat\theta_n) est consistant pour (\theta) si

θ^n→Pθquand n→∞.\hat\theta_n\xrightarrow{P}\theta \qquad\text{quand }n\to\infty.

Intuitivement : avec de plus en plus de données, l’estimateur se concentre autour de la vraie valeur du paramètre.

Unbiased ≠ consistent

Ces deux propriétés ne répondent pas à la même question :

  • unbiased (non biaisé) : pour une taille d’échantillon donnée, E(θ^)=θE(\hat\theta)=\theta ;
  • consistent : lorsque nn augmente, θ^n\hat\theta_n converge vers θ\theta.

Un estimateur peut donc être biaisé pour tout nn fini tout en devenant correct asymptotiquement.

Les slides indiquent que les estimateurs par moments sont en général consistants, mais qu’ils n’ont pas nécessairement la plus petite variance.

Sous les conditions asymptotiques du cours, le MLE possède des propriétés plus fortes :

  • il devient asymptotiquement non biaisé ;
  • sa distribution devient asymptotiquement normale ;
  • sa variance asymptotique est minimale parmi les estimateurs asymptotiquement non biaisés considérés.

L’idée à retenir n’est pas la preuve, mais le sens statistique :

n grand  ⟹  θ^MLE devient preˊcis et approximativement normal\boxed{ n\text{ grand} \;\Longrightarrow\; \hat\theta_{\mathrm{MLE}} \text{ devient précis et approximativement normal} }

La method of moments (méthode des moments) part d’une idée simple :

les moments théoriques du modèle dépendent de θ\theta ; les moments empiriques calculés sur l’échantillon doivent leur ressembler.

Le moment théorique d’ordre kk est

μk(θ)=E(Xk),\mu_k(\theta)=E(X^k),

et le moment empirique correspondant est

Mk=1n∑i=1nXik.M_k = \frac1n\sum_{i=1}^n X_i^k.

Si θ\theta contient dd paramètres inconnus, on utilise en général dd moments et on résout

μk(θ^MM)=Mk,k=1,…,d.\mu_k(\hat\theta_{\mathrm{MM}}) = M_k, \qquad k=1,\ldots,d.

Dans le cas très fréquent d’un seul paramètre, le premier moment suffit souvent :

Eθ(X)=Xˉ\boxed{ E_\theta(X)=\bar X }

puis on isole le paramètre.

Méthode — estimation par moments

  1. identifier le paramètre inconnu ;
  2. calculer un ou plusieurs moments théoriques Eθ(Xk)E_\theta(X^k) ;
  3. calculer les moments empiriques correspondants ;
  4. poser moment théorique = moment empirique ;
  5. résoudre pour obtenir θ^MM\hat\theta_{\mathrm{MM}} ;
  6. distinguer ensuite l’estimateur θ^MM\hat\theta_{\mathrm{MM}} de sa valeur observée θ^MM,obs\hat\theta_{\mathrm{MM,obs}}.

La maximum likelihood estimation — MLE (estimation par maximum de vraisemblance) utilise toute la forme du modèle probabiliste, pas seulement quelques moments.

Pour un échantillon iid observé x1,…,xnx_1,\ldots,x_n, la likelihood (vraisemblance) est

L(θ)=∏i=1nf(xi∣θ)\boxed{ L(\theta) = \prod_{i=1}^{n} f(x_i\mid\theta) }

pour un modèle continu, avec la même logique en remplaçant la pdf par la pmf dans le cas discret.

Lorsque les données x1,…,xnx_1,\ldots,x_n sont fixées, L(θ)L(\theta) est considérée comme une fonction du paramètre θ\theta. Elle mesure quelles valeurs de θ\theta rendent l’échantillon observé le plus compatible avec le modèle.

Likelihood ≠ probabilité de $\theta$

L(θ)L(\theta) n’est pas une distribution de probabilité sur θ\theta.

Les données sont ici considérées comme observées et fixes ; c’est θ\theta que l’on fait varier pour comparer les valeurs possibles du paramètre.

Le maximum likelihood estimator est défini par

θ^MLE=arg max⁡θL(θ)\boxed{ \hat\theta_{\mathrm{MLE}} = \operatorname*{arg\,max}_{\theta} L(\theta) }

Comme un logarithme est strictement croissant, maximiser LL revient à maximiser la log-likelihood (log-vraisemblance)

ℓ(θ)=ln⁡L(θ).\ell(\theta) = \ln L(\theta).

Pour des observations iid,

ℓ(θ)=∑i=1nln⁡f(xi∣θ)\boxed{ \ell(\theta) = \sum_{i=1}^{n}\ln f(x_i\mid\theta) }

Le logarithme transforme donc le produit de la likelihood en une somme beaucoup plus facile à dériver.

Méthode — maximum de vraisemblance

  1. identifier le modèle f(x∣θ)f(x\mid\theta), le domaine admissible de θ\theta et le support ;
  2. écrire la likelihood
L(θ)=∏if(xi∣θ);L(\theta)=\prod_i f(x_i\mid\theta);
  1. prendre le logarithme
ℓ(θ)=ln⁡L(θ);\ell(\theta)=\ln L(\theta);
  1. vérifier avant de dériver si le support ou la formule de ff dépend de θ\theta ;
  2. si ℓ\ell est régulière sur le domaine intérieur, chercher les candidats avec
ℓ′(θ)=0;\ell'(\theta)=0;
  1. vérifier qu’il s’agit bien d’un maximum et examiner les contraintes ou les bords du domaine ;
  2. réécrire le résultat comme estimateur en fonction de X1,…,XnX_1,\ldots,X_n.

Pourquoi deux exercices de MLE peuvent être très différents

Section intitulée « Pourquoi deux exercices de MLE peuvent être très différents »

La méthode statistique reste la même ; c’est le modèle probabiliste qui change.

Si le support est fixe et qu’une seule expression f(x∣θ)f(x\mid\theta) s’applique à toutes les observations, la log-vraisemblance est souvent une fonction régulière : on peut généralement utiliser directement

ℓ′(θ)=0.\ell'(\theta)=0.

En revanche, si le paramètre détermine lui-même le support ou la branche de la densité à utiliser, faire varier θ\theta peut faire passer une observation d’une expression de la densité à une autre. La likelihood devient alors par morceaux ; une simple dérivation globale peut ne pas suffire.

Leçon du TP2

  • Exercice 3 : le support [0,1][0,1] reste fixe et α\alpha modifie seulement la valeur de la densité ; la log-likelihood est régulière et le calcul par dérivation fonctionne directement.
  • Exercice 2 : θ\theta fixe aussi le point où la formule de la densité change ; lorsque θ\theta traverse une observation xix_i, la contribution de cette observation à la likelihood change de branche.

Donc :

meˆme meˊthode MLE  +  modeˋle diffeˊrent  ⟹  calcul diffeˊrent\boxed{ \text{même méthode MLE} \;+\; \text{modèle différent} \;\Longrightarrow\; \text{calcul différent} }

MME et MLE ne donnent pas forcément le même estimateur

Section intitulée « MME et MLE ne donnent pas forcément le même estimateur »

Les deux méthodes répondent à des idées différentes :

  • MME : faire correspondre des caractéristiques théoriques et empiriques ;
  • MLE : choisir le paramètre qui maximise la vraisemblance des données observées.

Elles peuvent parfois conduire au même estimateur — le cours montre par exemple que, pour une exponentielle paramétrée par son échelle β\beta, les deux donnent β^=Xˉ\hat\beta=\bar X — mais ce n’est pas une propriété générale.

Les slides indiquent aussi que, sous les conditions asymptotiques appropriées, le MLE est asymptotiquement non biaisé, asymptotiquement normal et possède une variance asymptotique minimale parmi les estimateurs asymptotiquement non biaisés considérés.

Réflexe estimation

Avant de calculer, écrire mentalement :

donneˊes→modeˋle f(x∣θ)→θ inconnu→meˊthode d’estimation→θ^→biais / variance / MSE→interpreˊtation.\text{données} \rightarrow \text{modèle }f(x\mid\theta) \rightarrow \theta\text{ inconnu} \rightarrow \text{méthode d’estimation} \rightarrow \hat\theta \rightarrow \text{biais / variance / MSE} \rightarrow \text{interprétation}.

Les parties simulation, bootstrap et intervalles de confiance seront ajoutées dans cette même branche lorsqu’elles seront travaillées dans le cours et les TP.

Source : slides Statistics 2026–2027, p. 137–165. Fil conducteur : question réelle → modèle → hypothèses → statistique → décision → interprétation.

Exemple du cours : une machine doit remplir les bouteilles à 500 ml. On mesure n=20n=20 bouteilles pour déterminer si la moyenne réelle de production est conforme à cette valeur.

À identifierDans cet exemple
PopulationToutes les bouteilles produites par la machine
Échantillon observéx1,…,x20x_1,\ldots,x_{20} ; moyenne xˉ\bar x ; variance s2s^2
Paramètre inconnuMoyenne μ\mu et variance σ2\sigma^2 de la production
Hypothèses de modèleVolumes iid et normaux

La null hypothesis (hypothèse nulle) H0H_0 est l’affirmation testée ; l’alternative hypothesis (hypothèse alternative) H1H_1 exprime la différence recherchée.

H0:μ=500,H1:μ≠500.H_0:\mu=500,\qquad H_1:\mu\ne500.

On ne connaît pas μ\mu : on prend une décision à partir de l’échantillon, en maîtrisant le risque d’erreur de type I.

  1. Identifier population, données, paramètre et conditions (indépendance, normalité, variance connue ou non).
  2. Écrire H0H_0 et H1H_1 ; choisir une alternative à droite, à gauche ou bilatérale.
  3. Fixer α\alpha, le significance level (niveau de signification), généralement 5 %.
  4. Choisir T(X)T(X) et sa distribution sous H0H_0 ; calculer tobs=T(x)t_{\mathrm{obs}}=T(x).
  5. Décider par région de rejet ou p-value : rejeter si p<αp<\alpha, sinon ne pas rejeter H0H_0.
  6. Interpréter dans le contexte : ce que les données permettent ou non d’affirmer.
RéalitéDécisionNom
H0H_0 vraieRejeter H0H_0Type I, probabilité α\alpha
H0H_0 fausseNe pas rejeter H0H_0Type II, probabilité β\beta
H0H_0 fausseRejeter H0H_0Bonne décision ; puissance 1−β1-\beta

La p-value (valeur-p) est le plus petit niveau α\alpha qui conduirait au rejet pour les données observées. Elle se calcule sous H0H_0, du côté indiqué par H1H_1.

AlternativeRégion de rejetp-value
Paramètre >> valeur annoncéeQueue droite : T>q1−αT>q_{1-\alpha}Aire sous H0H_0 à droite de tobst_{\mathrm{obs}}
Paramètre << valeur annoncéeQueue gauche : T<qαT<q_\alphaAire sous H0H_0 à gauche de tobst_{\mathrm{obs}}
Paramètre ≠\ne valeur annoncéeDeux queues : T<qα/2T<q_{\alpha/2} ou T>q1−α/2T>q_{1-\alpha/2}Aire dans les deux extrémités ; pour Student symétrique : 2P(T≥∣tobs∣∣H0)2P(T\ge \lvert t_{\mathrm{obs}}\rvert\mid H_0)

Ici qpq_p désigne le quantile d’ordre pp de la loi pertinente (convention du formulaire officiel).

Piège fréquent — p-value

  • p<αp<\alpha : rejeter H0H_0.
  • p≥αp\ge\alpha : ne pas rejeter H0H_0, jamais « accepter H0H_0 ».
  • Une p-value ne vaut pas P(H0∣donneˊes)P(H_0\mid\text{données}). Le raccourci de la slide 152 (« H0H_0 likely/unlikely ») ne doit pas être lu comme une probabilité de l’hypothèse.

On suppose X1,…,XnX_1,\ldots,X_n iid de loi N(μ,σ2)N(\mu,\sigma^2).

QuestionH0H_0Statistique observéeLoi sous H0H_0
Moyenne, σ2\sigma^2 inconnueμ=μ0\mu=\mu_0T=n(xˉ−μ0)s\displaystyle T=\frac{\sqrt n(\bar x-\mu_0)}sStudent tn−1t_{n-1}
Varianceσ2=σ02\sigma^2=\sigma_0^2T=(n−1)s2σ02\displaystyle T=\frac{(n-1)s^2}{\sigma_0^2}χn−12\chi^2_{n-1}

Le test sur la moyenne compare l’écart xˉ−μ0\bar x-\mu_0 à son erreur standard. Celui sur la variance vérifie si la dispersion observée est compatible avec σ02\sigma_0^2.

Exemple des slides 146–156 : sur le remplissage des bouteilles, le test bilatéral H0:μ=500H_0:\mu=500 n’est pas rejeté à 5 %. Le service qualité vérifie aussi la dispersion en testant la limite d’écart-type σ0=20\sigma_0=20 ml, via une statistique χ2\chi^2.

6.4. Tests sur deux populations normales indépendantes

Section intitulée « 6.4. Tests sur deux populations normales indépendantes »

On dispose de deux échantillons avec (n1,xˉ1,s12)(n_1,\bar x_1,s_1^2) et (n2,xˉ2,s22)(n_2,\bar x_2,s_2^2).

Comparer les moyennes :

H0:μ1−μ2=δ.H_0:\mu_1-\mu_2=\delta.
Variance des populationsLoi de la statistique sous H0H_0
Commune connue : σ2\sigma^2Normale standard N(0,1)N(0,1)
Commune inconnue, supposée égaleStudent tn1+n2−2t_{n_1+n_2-2}

Si σ2\sigma^2 est connue :

Z=(xˉ1−xˉ2)−δσ1/n1+1/n2∼H0N(0,1).Z=\frac{(\bar x_1-\bar x_2)-\delta} {\sigma\sqrt{1/n_1+1/n_2}}\overset{H_0}{\sim}N(0,1).

Si la variance commune est inconnue :

T=(xˉ1−xˉ2)−δspool1/n1+1/n2∼H0tn1+n2−2.T=\frac{(\bar x_1-\bar x_2)-\delta} {s_{\mathrm{pool}}\sqrt{1/n_1+1/n_2}}\overset{H_0}{\sim}t_{n_1+n_2-2}.

La pooled variance (variance poolée) combine les deux variances d’échantillon :

spool2=(n1−1)s12+(n2−1)s22n1+n2−2.\boxed{s_{\mathrm{pool}}^2= \frac{(n_1-1)s_1^2+(n_2-1)s_2^2}{n_1+n_2-2}.}

Condition : employer cette Student poolée seulement si les variances de population sont supposées égales.

Comparer les variances : on teste H0:σ12=σ22H_0:\sigma_1^2=\sigma_2^2 avec la statistique de Fisher :

T=s12s22∼H0Fn1−1,n2−1.\boxed{T=\frac{s_1^2}{s_2^2} \overset{H_0}{\sim}F_{n_1-1,n_2-1}.}

Si H1:σ12>σ22H_1:\sigma_1^2>\sigma_2^2, une valeur élevée soutient H1H_1 : utiliser la queue droite. Pour l’exemple des deux machines, le cours obtient p=1,59%p=1{,}59\% (slide 164) ; l’égalité des variances est donc rejetée à 5 %.

Question concrèteParamètreTest dans les slides
Une moyenne contre une cibleμ\muStudent à un échantillon, variance inconnue
Une variance contre une limiteσ2\sigma^2χ2\chi^2 à un échantillon
Différence de moyennes de deux groupesμ1−μ2\mu_1-\mu_2Normal si variance commune connue ; Student poolée sinon
Égalité de deux variancesσ12/σ22\sigma_1^2/\sigma_2^2Fisher à deux échantillons

Toujours vérifier les conditions et choisir le sens de H1H_1 avant le quantile. Les formules et régions de rejet complètes figurent dans le fichier formulaire.


Source : slides Statistics 2026–2027, p. 166–206. Progression : modèle → estimation → ajustement → incertitude → tests → intervalles → ANOVA. Les longues preuves matricielles marquées for information (slides 183–185) ne sont pas reprises.

Exemple du cours : on suspend une masse MM à un ressort et on mesure sa déformation DD (loi de Hooke). La régression décrit comment la réponse dépend d’un ou de plusieurs facteurs explicatifs.

Yi=β0+β1xi+εi⏟simple regressionYi=β0+∑j=1dβjxi,j+εi⏟multiple regression.\underbrace{Y_i=\beta_0+\beta_1x_i+\varepsilon_i}_{\text{simple regression}} \qquad \underbrace{Y_i=\beta_0+\sum_{j=1}^d\beta_jx_{i,j}+\varepsilon_i}_{\text{multiple regression}}.

La notation matricielle rassemble les nn observations : Y=Xβ+ε\mathbf Y=\mathbf X\boldsymbol\beta+\boldsymbol\varepsilon, avec X\mathbf X de dimension n×(d+1)n\times(d+1) (colonne de 1 pour l’intercept).

StatutCe que représente l’objet
ObservéFacteurs xi,jx_{i,j} et réponses yiy_i
InconnuIntercept β0\beta_0, pentes βj\beta_j, variance des erreurs σ2\sigma^2
Estiméβ^j\hat\beta_j, σ^2\hat\sigma^2, réponse ajustée y^i\hat y_i
Supposé dans le coursErreurs indépendantes et normales N(0,σ2)N(0,\sigma^2) ; variance constante ; X\mathbf X de rang plein

Pente βj\beta_j : variation moyenne attendue de YY pour une unité supplémentaire de xjx_j, à autres facteurs constants. Intercept β0\beta_0 : valeur moyenne lorsque tous les facteurs sont nuls, si elle est interprétable.

Attention : une relation statistique (association) ne prouve pas une causalité.

7.2. Trouver la meilleure droite : least squares (moindres carrés)

Section intitulée « 7.2. Trouver la meilleure droite : least squares (moindres carrés) »

Les fitted values (valeurs ajustées) sont y^i=β^0+β^1xi\hat y_i=\hat\beta_0+\hat\beta_1x_i en régression simple ; les residuals (résidus) sont ei=yi−y^ie_i=y_i-\hat y_i.

Les coefficients choisis minimisent la sum of squared errors (SSE) :

SSE=∑i=1n(yi−y^i)2.\boxed{SSE=\sum_{i=1}^n(y_i-\hat y_i)^2.}

Sous les erreurs normales du cours, minimiser SSESSE équivaut à maximiser la vraisemblance des coefficients.

ModèleEstimateurs (slides 173–176)
Simpleβ^1=SxySxx,β^0=yˉ−β^1xˉ\displaystyle\hat\beta_1=\frac{S_{xy}}{S_{xx}},\quad\hat\beta_0=\bar y-\hat\beta_1\bar x
Multiple, rang pleinβ^=(X⊤X)−1X⊤y\displaystyle\hat{\boldsymbol\beta}=(\mathbf X^\top\mathbf X)^{-1}\mathbf X^\top\mathbf y

Avec Sxy=∑i(xi−xˉ)(yi−yˉ)S_{xy}=\sum_i(x_i-\bar x)(y_i-\bar y) et Sxx=∑i(xi−xˉ)2S_{xx}=\sum_i(x_i-\bar x)^2.

La hat matrix H=X(X⊤X)−1X⊤H=\mathbf X(\mathbf X^\top\mathbf X)^{-1}\mathbf X^\top vérifie y^=Hy\hat{\mathbf y}=H\mathbf y (slide 174).

Exemple de Hooke (slide 176) : β^0≃0,041\hat\beta_0\simeq0{,}041 et β^1≃0,506\hat\beta_1\simeq0{,}506 ; dans ce modèle, une hausse de masse de 1 kg correspond à une hausse moyenne estimée de déformation d’environ 0,506 m.

7.3. La qualité du modèle : SST, SSR, SSE et R2R^2

Section intitulée « 7.3. La qualité du modèle : SST, SSR, SSE et R2R^2R2 »

Pour des moindres carrés avec intercept :

QuantitéSensFormule
SST (total)Variation autour de yˉ\bar y∑i(yi−yˉ)2\sum_i(y_i-\bar y)^2
SSR (regression)Variation expliquée par la droite∑i(y^i−yˉ)2\sum_i(\hat y_i-\bar y)^2
SSE (error)Variation non expliquée∑i(yi−y^i)2\sum_i(y_i-\hat y_i)^2
SST=SSR+SSE,R2=SSRSST=1−SSESST.\boxed{SST=SSR+SSE,\qquad R^2=\frac{SSR}{SST}=1-\frac{SSE}{SST}.}

Exemple : si SST=100SST=100 et SSE=25SSE=25, on obtient R2=75%R^2=75\%. Cela signifie que le modèle explique 75 % de la variation observée autour de la moyenne sur cet échantillon. Le cours obtient R2=99,88%R^2=99{,}88\% pour le ressort.

Piège — un grand $R^2$

Ce n’est ni une preuve de causalité, ni une vérification des hypothèses sur les erreurs, ni une garantie de bonne prédiction sur de nouvelles données.

Les coefficients estimés sont aléatoires avant observation : un autre échantillon donnerait d’autres valeurs.

Sous les hypothèses normales du cours (slides 181–187) :

E(β^)=β,Var⁡(β^)=σ2(X⊤X)−1.E(\hat{\boldsymbol\beta})=\boldsymbol\beta, \qquad \operatorname{Var}(\hat{\boldsymbol\beta})= \sigma^2(\mathbf X^\top\mathbf X)^{-1}.

Les estimateurs sont unbiased (sans biais) : leur moyenne, sur des échantillons répétés, égale le vrai paramètre. Cela ne signifie pas que les prédictions soient parfaites.

L’estimateur sans biais de la variance des erreurs est :

σ^2=SSEn−d−1.\boxed{\hat\sigma^2=\frac{SSE}{n-d-1}.}

On retire d+1d+1 degrés de liberté pour les coefficients estimés. Sous normalité, SSE/σ2∼χn−d−12SSE/\sigma^2\sim\chi^2_{n-d-1}.

L’standard error (erreur standard) d’un coefficient est SE(β^j)=σ^cjjSE(\hat\beta_j)=\hat\sigma\sqrt{c_{jj}}, où cjjc_{jj} est la diagonale de (X⊤X)−1(\mathbf X^\top\mathbf X)^{-1}. Pour une pente simple, SE(β^1)=σ^/SxxSE(\hat\beta_1)=\hat\sigma/\sqrt{S_{xx}}.

Test global de Fisher : le modèle explique-t-il quelque chose ?

H0:β1=⋯=βd=0,H1:au moins une pente est non nulle.H_0:\beta_1=\cdots=\beta_d=0,\qquad H_1:\text{au moins une pente est non nulle}.

F∗=SSR/dSSE/(n−d−1)∼H0Fd,n−d−1.\boxed{F^*=\frac{SSR/d}{SSE/(n-d-1)} \overset{H_0}{\sim}F_{d,n-d-1}.}

On rejette H0H_0 pour une grande valeur de F∗F^* ou une p-value de queue droite inférieure à α\alpha. Cela signifie qu’au moins une pente est non nulle, pas toutes. Attention à l’écriture inversée de la p-value sur la slide 190.

Test individuel de Student : un coefficient précis est-il significatif ?

H0:βj=βj,0,Tj∗=β^j−βj,0SE(β^j)∼H0tn−d−1.H_0:\beta_j=\beta_{j,0},\qquad T_j^*=\frac{\hat\beta_j-\beta_{j,0}}{SE(\hat\beta_j)} \overset{H_0}{\sim}t_{n-d-1}.

Le rejet se fait dans la ou les queues dictées par H1H_1. En bilatéral, on rejette si ∣Tj∗∣>tn−d−1,1−α/2|T_j^*|>t_{n-d-1,1-\alpha/2}, ou si p<αp<\alpha.

Exemple ressort (slides 191–197) : la pente est significative ; pour β0\beta_0, le cours obtient p=6,3%p=6{,}3\%, donc on ne rejette pas H0:β0=0H_0:\beta_0=0 à 5 %.

7.6. Intervalle de confiance vs intervalle de prédiction

Section intitulée « 7.6. Intervalle de confiance vs intervalle de prédiction »
Ce qu’on veut encadrerMéthodeInterprétation
Coefficient inconnu βj\beta_jConfidence interval (IC)Précision de l’estimation du paramètre
Nouvelle réponse individuelle Y0Y_0Prediction interval (IP)Incertitude sur une future observation, bruit compris

IC d’un coefficient au niveau 1−α1-\alpha (slide 194) :

IC1−α(βj)=β^j±tn−d−1,1−α/2 SE(β^j).\boxed{IC_{1-\alpha}(\beta_j)= \hat\beta_j\pm t_{n-d-1,1-\alpha/2}\,SE(\hat\beta_j).}

Pour le test bilatéral H0:βj=0H_0:\beta_j=0 au seuil α\alpha, si 0 appartient à l’IC, on ne rejette pas H0H_0. Un IC fréquentiste de 95 % est une procédure qui contient le paramètre fixe dans 95 % des échantillonnages répétés ; ce n’est pas une probabilité attribuée au paramètre après calcul de l’IC.

IP pour une nouvelle observation — slide 199, comme sur la capture fournie. En régression simple, pour un nouveau facteur x0x_0 :

y^0=β^0+β^1x0,\hat y_0=\hat\beta_0+\hat\beta_1x_0, IP1−α(Y0)=[y^0−Spredtn−2,1−α/2 ; y^0+Spredtn−2,1−α/2].\boxed{ IP_{1-\alpha}(Y_0)= \left[\hat y_0-S_{\mathrm{pred}}t_{n-2,1-\alpha/2}\,;\, \hat y_0+S_{\mathrm{pred}}t_{n-2,1-\alpha/2}\right]. } Spred2=σ^2(1+1n+(x0−xˉ)2Sxx).\boxed{ S_{\mathrm{pred}}^2= \hat\sigma^2\left(1+\frac1n+\frac{(x_0-\bar x)^2}{S_{xx}}\right). }

Le 11 correspond au bruit de la nouvelle observation. L’incertitude augmente quand x0x_0 s’éloigne de la moyenne xˉ\bar x. Pour α=5%\alpha=5\%, c’est un intervalle de prédiction à 95 %.

Exemple officiel (slides 201–206) : 3 usines produisent des céramiques ; on mesure 10 résistances par usine, soit n=30n=30 observations.

ÉlémentNature
Réponse YYRésistance (quantitative)
FacteurUsine (catégorielle, k=3k=3 groupes)
Paramètres inconnusμ1,μ2,μ3\mu_1,\mu_2,\mu_3
ConditionsMesures indépendantes, normalité dans les groupes, variances communes

L’ANOVA — analysis of variance (analyse de la variance) teste :

H0:μ1=μ2=μ3,H1:au moins deux moyennes diffeˋrent.\boxed{H_0:\mu_1=\mu_2=\mu_3,\qquad H_1:\text{au moins deux moyennes diffèrent}.}

Intuition : si la variation entre groupes est grande relativement à la variation au sein des groupes, l’égalité des moyennes est peu compatible avec les données.

On représente les 3 usines par deux dummy variables (variables indicatrices) ; l’usine 3 est la référence :

UsineD1D_1D2D_2Moyenne du groupe
110μ1=β0+β1\mu_1=\beta_0+\beta_1
201μ2=β0+β2\mu_2=\beta_0+\beta_2
3 (référence)00μ3=β0\mu_3=\beta_0

Le modèle est Y=β0+β1D1+β2D2+εY=\beta_0+\beta_1D_1+\beta_2D_2+\varepsilon. Tester l’égalité des moyennes revient à tester H0:β1=β2=0H_0:\beta_1=\beta_2=0 : c’est le test F global.

Pour kk groupes et nn observations :

F∗=SSR/(k−1)SSE/(n−k)∼H0Fk−1,n−k.\boxed{F^*=\frac{SSR/(k-1)}{SSE/(n-k)} \overset{H_0}{\sim}F_{k-1,n-k}.}
Source (slide 206)Somme des carrésDegrés de liberté
Entre usines — SSR41 0502
Dans les usines — SSE95 36127
Total — SST136 41129

On obtient F∗=5,81F^*=5{,}81, p=0,00796p=0{,}00796. À 5 %, on rejette l’égalité des moyennes, mais on ne sait pas quelles usines diffèrent.

Pièges ANOVA

  • L’ANOVA teste les moyennes, pas les variances. L’égalité des variances est une condition du test classique (le cours mentionne Bartlett).
  • Avec kk catégories et un intercept, employer k−1k-1 indicatrices : la catégorie restante sert de référence. Sinon X\mathbf X n’est pas de rang plein.
  • Un F significatif indique au moins deux moyennes différentes, sans identifier les groupes. Des comparaisons entre paires demandent des tests supplémentaires adaptés.

7.8. Carte de décision — du problème à la méthode

Section intitulée « 7.8. Carte de décision — du problème à la méthode »
Question réelleMéthodeAttention à…
Ajuster des coefficientsOLS / moindres carrésNe pas confondre bruit εi\varepsilon_i et résidu eie_i
Mesurer l’ajustementR2R^2, SSE, SSRPas de preuve de causalité
Tester toutes les pentesFisher globalNe signifie pas que toutes sont significatives
Tester une penteStudentLoi sous H0H_0, α\alpha, sens de H1H_1
Encadrer un paramètreICCouverture fréquentiste correcte
Encadrer un individu futurIPInclure le bruit dans Spred2S_{\mathrm{pred}}^2
Comparer les moyennes de kk groupesANOVAÉgalité des variances = condition, pas H0H_0

À vérifier au TP : interprétation d’un estimateur sans biais, dispersion des résidus (variance constante / hétéroscédasticité), choix entre tests et intervalles. Le fichier formulaire contient les formules d’examen détaillées.