Exercices
TP1 — Bases
Section intitulée « TP1 — Bases »Sélection courte des exercices à refaire : les exercices 1 et 2 sur leurs sous-questions les plus utiles, une question ciblée sur l’hypercube, puis l’exercice 4 sur les tournois.
TP1 — Exercice 1
Section intitulée « TP1 — Exercice 1 »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP1 | 1 | ⭐⭐⭐ | Degrés, isomorphisme, contradiction |
Vrai ou faux ? Démontrez ou donnez un contre-exemple.
a) L’élimination d’un sommet de degré maximum peut augmenter le degré moyen d’un graphe.
b) Deux graphes simples qui possèdent un même nombre de sommets et dont les listes de degrés sont identiques sont isomorphes. Même énoncé avec la condition supplémentaire que les graphes sont connexes.
c) Un graphe simple de deux sommets au moins possède toujours deux sommets de degrés identiques.
Indice
a) Écrivez le degré moyen sous la forme et comparez le degré maximum à cette moyenne.
b) Une liste de degrés ne décrit pas complètement les adjacences. Cherchez deux graphes connexes, 3-réguliers, à 6 sommets, dont l’un est biparti et l’autre non.
c) Supposez par contradiction que tous les degrés sont différents. Dans un graphe simple à sommets, ils devraient alors être exactement . Regardez les degrés et .
TP1 — Exercice 2
Section intitulée « TP1 — Exercice 2 »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP1 | 2 | ⭐⭐⭐ | Connexité, degrés, bornes |
Démontrez les propositions suivantes.
a) D’un sommet de degré impair, il existe toujours un chemin jusqu’à un autre sommet de degré impair.
b) Pour un graphe simple connexe de sommets,
c) Un graphe simple qui possède plus de
arêtes est connexe.
Indice
a) Travaillez uniquement dans la composante connexe du sommet de degré impair et appliquez le théorème des poignées de main à cette composante.
b) Séparez les deux bornes. Pour la borne inférieure, demandez-vous combien d’arêtes il faut au minimum pour relier sommets. Pour la borne supérieure, comptez le nombre de paires de sommets possibles dans un graphe simple.
c) Raisonnez par contraposée : quel est le plus grand nombre d’arêtes qu’un graphe peut posséder tout en restant non connexe ? Pensez à un sommet isolé et à rendre tous les autres sommets adjacents deux à deux.
TP1 — Exercice 3 — version ciblée
Section intitulée « TP1 — Exercice 3 — version ciblée »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP1 | 3 | ⭐⭐ | Hypercube, bipartition |
Dans le graphe de l’hypercube, les sommets sont les -tuples de et de , et deux sommets sont adjacents s’ils diffèrent en exactement une position.
Proposez une bipartition naturelle des sommets et justifiez qu’elle convient.
Indice
Ne regardez pas d’abord la position des , mais seulement leur nombre. Que devient la parité du nombre de lorsqu’on modifie exactement une coordonnée ?
TP1 — Exercice 4
Section intitulée « TP1 — Exercice 4 »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP1 | 4 | ⭐⭐⭐ | Tournoi, degré sortant maximal, contradiction |
Un tournoi de joueurs est un graphe complet dans lequel on a choisi une direction pour chaque arête. Il y a une arête lorsque a remporté sa partie contre .
Un sommet d’un tournoi est un roi si, quel que soit le sommet du graphe, il y a une arête , ou il y a un sommet intermédiaire et des arêtes et .
Démontrez qu’un tournoi possède toujours un roi.
Indice
Choisissez un sommet de degré sortant maximal. Supposons qu’il ne soit pas roi : il existe alors un sommet qui bat et qui ne peut être atteint depuis en deux étapes. Comparez alors les degrés sortants de et de .
TP2 — Graphes connexes, eulériens et bipartis
Section intitulée « TP2 — Graphes connexes, eulériens et bipartis »Sélection : exercices 2, 3a–b et 5a–b. Les corrections sont regroupées à la fin du document.
TP2 — Exercice 2
Section intitulée « TP2 — Exercice 2 »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP2 | 2 | ⭐⭐⭐ | Degrés et suppression d’un sommet |
Pour un graphe simple de sommets avec , démontrez les deux identités :
Ici est le nombre d’arêtes et supprime le sommet et ses arêtes incidentes.
TP2 — Exercice 3 (a et b)
Section intitulée « TP2 — Exercice 3 (a et b) »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP2 | 3 | ⭐⭐⭐ | Parcours fermés, questions a et b |
a) Combien y a-t-il de parcours fermés de longueur dans le graphe biparti complet ?
b) Combien y a-t-il de parcours fermés de longueur dans le graphe complet ?
Un parcours fermé revient à son départ, mais peut répéter des sommets et des arêtes.
TP2 — Exercice 5 (a et b)
Section intitulée « TP2 — Exercice 5 (a et b) »| Source | Numéro | Importance | Notion |
|---|---|---|---|
| TP2 | 5 | ⭐⭐⭐ | Séquences de de Bruijn, questions a et b |
On veut construire la plus longue séquence circulaire de lettres d’un alphabet de lettres sans répéter de sous-séquence de longueur .
a) Donner une borne supérieure sur la longueur de la séquence.
b) Peut-on atteindre cette borne ? Traduire en problème de parcours eulérien orienté. Indice : sommets = mots de longueur , arêtes = mots de longueur .
Corrections
Section intitulée « Corrections »
Correction — TP1, exercice 1
Section intitulée « Correction — TP1, exercice 1 »a) Faux. Soit un graphe à sommets, de degré moyen , et soit un sommet de degré maximum . On a nécessairement .
Après suppression de , les degrés des autres sommets ne peuvent qu’être inférieurs ou égaux à leurs anciens degrés. Ainsi, si est le nouveau degré moyen,
Le degré moyen ne peut donc pas augmenter.
b) Faux, même si les deux graphes sont connexes. On peut prendre deux graphes simples connexes à 6 sommets, tous de degré 3, tels que l’un soit biparti et l’autre contienne un triangle. Ils ont la même liste de degrés
mais ne sont pas isomorphes, car l’isomorphisme préserve notamment la bipartition et la présence de cycles impairs.
c) Vrai. Supposons par contradiction que les sommets aient tous des degrés différents. Comme le graphe est simple, les degrés possibles sont . Les sommets devraient donc réaliser exactement ces valeurs.
Il existerait alors un sommet de degré et un sommet de degré . Mais un sommet de degré est adjacent à tous les autres sommets, en particulier au sommet supposé de degré , contradiction.
Donc au moins deux sommets ont le même degré.
Correction — TP1, exercice 2
Section intitulée « Correction — TP1, exercice 2 »a) Considérons la composante connexe contenant un sommet de degré impair. Le théorème des poignées de main appliqué à donne
donc cette somme est paire. Le nombre de sommets de degré impair dans est donc pair. Puisque en est un, il en existe au moins un autre, noté . Comme et appartiennent à la même composante connexe, il existe un chemin entre eux.
b) Borne inférieure. Un graphe connexe à sommets possède au moins arêtes. En retirant successivement toutes ses arêtes, on passe d’une seule composante connexe à sommets isolés. Il faut donc créer composantes supplémentaires, et retirer une arête ne peut augmenter le nombre de composantes que d’au plus 1. Ainsi,
Borne supérieure. Dans un graphe simple, il y a au plus une arête pour chaque paire de sommets distincts. Il y a
paires de sommets. Donc
On obtient bien
c) Raisonnons par contraposée. Supposons non connexe. Pour maximiser le nombre d’arêtes sans rendre le graphe connexe, on peut prendre deux composantes de tailles et , chacune complète. Le nombre d’arêtes est alors au plus
Cette fonction quadratique atteint son maximum, pour , en ou . Le graphe non connexe le plus dense est donc un sommet isolé accompagné d’un , avec
Par contraposée, si
alors est connexe.
Correction — TP1, exercice 3
Section intitulée « Correction — TP1, exercice 3 »Définissons
Deux sommets adjacents diffèrent en exactement une position. Passer de l’un à l’autre remplace donc soit un par un , soit un par un . Dans les deux cas, la parité du nombre de change.
Toute arête relie donc un sommet de à un sommet de . Ainsi est une bipartition du graphe.
Correction — TP1, exercice 4
Section intitulée « Correction — TP1, exercice 4 »Soit un tournoi. Pour un sommet , notons son degré sortant. Choisissons un sommet de degré sortant maximal.
Posons
Par définition,
Supposons par contradiction que ne soit pas roi. Il existe alors un sommet que ne peut pas atteindre en deux étapes.
Cela signifie qu’aucun sommet ne bat . Comme on est dans un tournoi, pour chaque , on a nécessairement
De plus, , donc
Ainsi bat tous les sommets de ainsi que , d’où
Donc , contradiction avec le choix de comme sommet de degré sortant maximal.
Ainsi est un roi. Tout tournoi possède donc au moins un roi.
Correction — TP2, exercice 2
Section intitulée « Correction — TP2, exercice 2 »Supprimer enlève exactement ses arêtes incidentes :
Sommons sur tous les sommets :
La deuxième égalité utilise le théorème des poignées de main. Puisque , on divise par et on obtient la première formule. Enfin,
Réflexe : compter les arêtes supprimées puis sommer sur tous les sommets.
Correction — TP2, exercice 3
Section intitulée « Correction — TP2, exercice 3 »a) Dans . Chaque sommet possède voisins dans l’autre partition. Pour un sommet de départ fixé, chacun des premiers déplacements offre choix ; le dernier pas doit revenir au départ.
Dans , on voit les quatre arêtes entre les deux partitions :
Depuis , un parcours de longueur 4 est de la forme . Il existe parcours, soit en comptant tous les sommets de départ.
En général, il y a sommets de départ :
b) Dans — méthode avec . Notons la matrice dont toutes les entrées valent , et la matrice identité. La matrice d’adjacence du graphe complet est
Le coefficient donne le nombre de parcours de longueur de à . Les parcours fermés sont donc comptés sur la diagonale :
Les valeurs propres de sont (une fois, pour le vecteur de tous les ) et (multiplicité , pour les vecteurs dont la somme des composantes est nulle). Celles de sont donc et , respectivement. La trace de est la somme de leurs puissances -ièmes :
Exemple : est un triangle. Depuis chaque sommet, deux tours de longueur 3 sont possibles, un par sens. Cela donne , conformément à .
À retenir : parcours fermés de longueur ; pour , la forme permet de calculer cette trace sans développer la puissance de matrice.
Correction — TP2, exercice 5
Section intitulée « Correction — TP2, exercice 5 »a) Borne supérieure. Il existe mots de longueur . Une séquence circulaire de longueur possède fenêtres de longueur , une par position. Si aucune ne se répète :
b) Construction. On crée un graphe orienté dont chaque sommet représente un mot de longueur . Chaque mot de longueur fournit une arête allant des premières lettres vers les dernières lettres.
Exemple . L’alphabet est . Les neuf sommets sont . Un mot comme devient l’arête ; les mots se chevauchent sur deux lettres. Extrait du graphe (trois arêtes parmi les 27) :
L’objectif « utiliser une seule fois chaque mot de longueur » revient à « parcourir une seule fois chaque arête » : on cherche un circuit eulérien puisque la séquence est circulaire.
Degrés. Depuis , les mots définissent les arêtes sortantes, et les arêtes entrantes. Chaque sommet possède donc arêtes entrantes et sortantes : ajouter une lettre à gauche ou à droite offre toujours choix.
Forte connexité. Pour aller d’un sommet-mot à un sommet-mot , on ajoute successivement les lettres de : après ces décalages, le sommet atteint est . C’est vrai pour tout couple ordonné .
Le graphe est fortement connexe, avec degrés entrants et sortants égaux. Il possède donc un circuit eulérien. Il contient exactement arêtes (une par mot) : le circuit donne une séquence circulaire de longueur contenant chacun des mots une seule fois.
Vérification plus petite : pour , la séquence circulaire contient une seule fois chacun.
Réflexe : chaque mot à utiliser exactement une fois une arête ; chevauchement enchaînement des arêtes ; circularité circuit eulérien.